Les Enfers, divisés en sept continents pour chaque péché, conservent les âmes impies devant se repentir. Mais les démons et autres créatures n'ont pas le même but...
 

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Maxeen - Spear of (in)Justice

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Souverain de l'Avarice

Maxeen


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About you...
Alignement: Neutre à tendance chaotique
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MessageSujet: Maxeen - Spear of (in)Justice Ven 1 Juil - 18:02



« True Hell »







« It's showtime ! »

NOM(S) : Aucun...
PRÉNOM(S) : Maxeen
SURNOM(S) : « Arnaqueuse » ? « Main de velours », « Sorcière d'argent », « Démon blanc »... Parfois « Mammon », « Prince des Enfers » ou encore « Souverain de l'Avarice »...

ÂGE : 21 ans physiquement, mais après... Chut~
SEXE : Féminin.
ORIENTATION SEXUELLE : Bisexuelle, quoique plus attirée par les femmes.

RACE : Néphilim ange et démon, avec des compétences en sorcellerie
PROBLÈME(S) DE SANTÉ : Organes inversés et une tendance à cracher du sang lors de trop grand stress.

ALIGNEMENT : Neutre à tendance chaotique
PÉCHÉ : Avarice
GROUPE : Démon, Néphilim
RANG : Souverain de l'Avarice


« Death by Glamour »




« Amalgam ? »

Encore une fois, les étoiles convergent vers un avenir radieux. Mais le reflet de l'eau est parfois trompeur, donnant ainsi l'illusion que tout va pour le mieux dans ce monde. Mais il n'en est rien : la beauté du ciel peut ne vous apporter qu'une grande misère...
C'est une façon plus poétique de décrire mes nombreux voyages dans les diverses régions des Enfers : une astrologue prédisant ce que vous désirez, ce que vous ressentez, et profitant de ce moment pour vous voler. Pas seulement des informations, mais également vos richesses ! Je ne me contente pas uniquement d’assurer mes revenus et mon confort, mais également ma sécurité. Après tout, je ne suis qu’une faible femme ?
Quoi que ce serait un grand mensonge que de l’affirmer réellement : j’ai du pouvoir, de l’influence dans ce monde, et surtout les plus grandes richesses des Enfers. Et je n’aime mentir que dans le cadre de mon métier de soit disant « astrologue », dans le but d’arnaquer un maximum de personne et d’accumuler des richesses ; une perspective très plaisante me concernant.

Ceci dit, il n’y a pas que mon don pour arnaquer les gens avec mon talent de l’observation qui me permet d’abuser de la confiance d’autrui : mon physique est également loin d’être désagréable et c’est un atout considérable. Une peau presque blanche, avec quelques nuances de beige et de rose et délicatement parsemée de quelques tâches de rousseur, qui donne une impression de fragilité ; et la majorité des êtres « vivants » fait plus facilement confiance à une personne qui semble plus faible qu’eux. Enfin, cette peau blanche est très loin d’être la seule chose qui me permette d’attirer les regards et les êtres de ce monde ; ou du moins leur richesse.
Cependant, une petite fantaisie de ma part : des piercings. J’ai toujours apprécié cette mode. Sur mon oreille gauche ; la seule visible ; un industriel doré et deux pierres de la même couleur que mes yeux sur le lobe. L’autre oreille ? Cachée par mes cheveux, mais je n’en dirais pas plus. De toute façon, elle est aussi pointue que l’autre, ce qui trahi ma nature démoniaque ; ou seulement à moitié démoniaque, peu importe.

Mes cheveux sont d’une couleur bien étrange, tirant vers l'argent, avec l'arrière des cheveux se terminant dans un noir ténébreux en réalité. Ils restent relativement clair, mais ne me permettent pas de rester inaperçue. C’est à la fois un atout et un inconvénient lorsqu’on exerce ma fonction : très peu de personnes pensent que je les arnaque, mais une mauvaise réputation serait fatale à mon « métier » et serait loin d’être rentable… Enfin, je ne joue pas de malchance : la plupart de mes « prédictions » se réalisent et me permettent de garder la tête haute ; et des revenus tout aussi haut.
Ceci dit, il n’y a pas que leur couleur exceptionnelle qui me fait facilement remarquée : ondulés, ils ont un étrange volume dû à une coupe de cheveux assez étrange : des cheveux à la fois courts et long. En effet, une partie de mes cheveux est assez courte, formant un dégradé allant jusqu’à la nuque. Cependant, la partie inférieure reste assez longue et descend jusqu’en dessous de ma poitrine… Le seul point sur lequel je m’attarde concernant ma coiffure est cette natte sur la moitié de mon front, débutant à la fin de ma frange ; mal coupée, certes, mais elle a repoussée depuis ce qui donne un côté « original » voire « excentrique » à mon apparence, comme si la couleur de mes cheveux ne suffisait pas.

Bien évidemment, la couleur et la coupe de mes cheveux contraste énormément avec ma peau extrêmement pâle, mais ce qui a toujours marqué les personnes et qui caractérise un peu ce côté « mystique », qui me permet d’assurer une certaine apparence « d’astrologue », sont mes yeux. Ce n’est pas leur forme qui attire réellement les êtres de ce monde, bien qu’ils soient assez grands. C’est leurs couleurs. En effet, mon œil droit est d’un bleu assez étrange, virant sur un bleu ciel très clair lorsque la lumière du soleil vient à s'y refléter. Au coin extérieur de l'œil, deux grains de beauté en forme d'étoile. Mon œil gauche, quant à lui, est d’un vert vif légèrement turquoise, mais lorsqu’il fait sombre sa couleur tire sur un bleu turquoise à reflet violet tout aussi vif. Ce changement de couleur lié à la lumière me permet de jouer sur mon apparence, donnant un air assez étrange à mon physique mais loin d’être déplaisant. Cependant, lors de mes voyages, je préfère porter des lunettes d’aviateur : un bandeau en cuir marron, des bords dorés, et des verres teintés en noir. Elles me permettent de tout voir, mais mes yeux restent cachés du monde : je ne les montre que lorsque je dois jouer à ce rôle d’astrologue et me montrer devant des êtres faibles à la recherche d’un certain réconfort.

Ceci dit, il m’est arrivé par le passé de me faire pourchasser pour ces yeux, pour cette apparence loin d’être déplaisante. Depuis j’ai fait table rase du passé, certainement suite au rang que j’ai obtenu ainsi qu’à toutes ces richesses que je possède. Et mon assurance se montre bien sur mon visage, comme mon petit nez mutin au milieu de la figure. Mais une chose n’a pas changé : j’essaie toujours d’en avoir plus. J’ai toujours été quelque peu inquiète quant à ma sécurité et à mon confort : lorsque j’arrive dans une ville, toujours un sourire sur mes lèvres couleur pêche remontant un petit grain de beauté dans le coin supérieur gauche, je tâche toujours de m’assurer que mes « compétences » seront le bienvenu. Un marché n’est rien si il n’est pas rentable. En général, je trouve toujours un endroit où aller et où glaner des richesses et informations, ne serait-ce que la maison d’une petite dame, assez âgée et surtout naïve. Généralement, ces vieilles personnes cachent toujours leur richesse quelque part… Et elles feront toujours confiance à une personne souriante, à l’air gentil et fragile, prête à les écouter… Je joue certes beaucoup sur les apparences, mais elles me permettent toujours de satisfaire mes intérêts. Oui : il faut toujours afficher un délicat sourire et observer.

Il n’y a pas seulement mon joli minois qui me permet d’attirer les gens. En toute franchise, j’ai un physique très avantageux dans le cadre de mes fonctions et je cherche constamment à le mettre en valeur. C’est un moyen comme un autre de persuader les gens d’avoir recours à mes services en tant qu’astrologue, sans pour autant avoir à pratiquer le coït. Vu mon rang, c’aurait été navrant d’en arriver là.
Ma taille est extrêmement fine, ce qui me pose quelques problèmes lorsque je dois porter des vêtements « officiels »… Il est très rare que je me mette à porter une chemise, mais les rares fois où j’en porte, cette dernière doit être cintrée afin de me mettre en valeur. Cependant je pratique plus les voyages que mes fonctions officielles, et je préfère de loin porter un bandeau d’un vert légèrement turquoise, avec un motif corset couvrant un tissu beige clair sur le devant : un peu serré par rapport à ma poitrine, mais c’est quelque part le but d’un corset. Ce bandeau ne m’empêche pas pour autant de me déplacer correctement, je reste très agile en tant que voleuse et le maintien est parfait. Une qualité essentielle pour un vêtement couvrant la poitrine selon moi.
Néanmoins, je préfère porter une veste du même cuir que mes lunettes par-dessus : elle reste sans manche afin de me garantir des mouvements fluides, se termine en queue de pie avec un col assez long montrant un motif bordeaux à rayure, même motif que l’intérieur de cette veste. J’y ai cependant rajouté quelques bordures dorées sur les bords inférieurs, avec des boutons de cette même couleur. Je dois avouer cependant que c’est plus une histoire d’apparence, et je ne la porte presque jamais lorsque je commets mes méfaits durant la nuit : j’ai toujours aimé montrer mon côté artiste, mon amour pour la musique et le chant… Ce qui explique peut-être le nombre d’instruments que je possède au sein de mon continent, entre les plus classiques et les plus exotiques.
Pour repartir sur mes vêtements, je porte un short assez court en cuir marron, avec un effet jupon. Ses bords sont du même motif que l’intérieur de ma veste, avec un bouton d’or de chaque côté. Je dois cependant porter une ceinture afin d’éviter quelques désagréments, une ceinture avec une boucle en or.
J’ai tout de même préféré couvrir mes jambes avec de longs bas s’accrochant à mes chaussures. Ces derniers ont, à l’instar de mes gants, une caractéristique bien étrange : le tissu est un peu transparent au début mais son opacité augmente jusqu’à en arriver à un noir profond à la fin. Cependant, dans tous les cas, restent ces bordures dorées. Non, je ne fais aucune fixation sur l’or : il me permet simplement de me sentir à l’aise, plus ou moins. Bref.
Mes chaussures, des bottines à talon avec une semelle marron foncé épaisse, sont faites dans un cuir bordeaux, et très agréable à porter. Elles me donnent un petit côté féminin, comme si une femme était capable de prouesse physique en talon. Oui, j’ai toujours aimé tromper les gens, encore plus sur mon apparence. Un petit côté sadique, le malin plaisir de savoir que l’on a le pouvoir sur les êtres de ce monde. Certes une partie, mais une grande partie : une majorité qui ignore votre véritable identité et qui ne se doute pas à quel point vous êtes puissant… Enfin, ceci dit, je préfère le cacher et voyager, observer…

J’ai toujours aimé observer les paysages, les décors, les gens… Le moindre détail peut vous informer sur toute la vie d’une personne. C’est ainsi que je joue à l’astrologue : je détermine le caractère de la personne, ses intérêts, ce qu’elle désire et ce qu’elle ne pourra jamais avoir… Et l’endroit où sont cachés tous ses trésors. Le jour, je joue ce rôle d’astrologue mignonne, jolie, délicate, à l’écoute et cherchant à réconforter les gens ; je devrais peut-être développer une fonction de médium ? La nuit porte conseille aux gens. Moi, elle me porte conseille pour savoir quoi dérober, mon écharpe en tissu transparent volant au vent.
Ne jamais voler plus qu’il n’en faut. C’est un peu ma règle d’or : si je venais à dérober toutes les richesses d’une personne, elle saurait de suite de qui il s’agit et ma réputation ne serait plus la même. Un petit salaire le jour, une petite prime le soir. Jouer la « Sorcière pourpre » le jour, « Main de velours » la nuit, rester « Mammon » en toutes circonstances.

Ah, « Mammon ». C’est un peu mon « titre officiel », en tant que « Prince des Enfers » ou « Roi d’Avaritia »… Oui, je garde mon véritable nom et mon apparence secrète auprès de mes sujets, et je l’ai toujours fait afin de pouvoir voyager à ma guise. La stabilité ? Je ne connais pas. Il faut toujours que je change d’air, que je bouge : je collecte les informations, les richesses, entrepose le tout dans mon palais et repart. « Régner sur mon continent » ? Sans façon, j’avoue aimer les contrats mais je n’ai jamais eu l’âme d’un bureaucrate. Certes je passe tout de même quelques contrats, très précis, mais uniquement dans le but d’y gagner quelque chose… Un peu comme tous les démons. Ceci dit je n’ai jamais eu besoin de passer des contrats afin d’assurer mon autorité naturelle, et personne n’a jamais osé me désobéir ou du moins personne m’étant inférieur. Et gare à celui osant me désobéir : je n’ai jamais eu de pitié pour ceux étant sous mes ordres. Dans tout le royaume d’Avaritia, le démon « Mammon » aux six ailes, aussi noires que son regard, est craint, et rien de bon n’arrive à celui convoqué personnellement au palais lorsqu’il s’agit de le réprimander. Enfin paraît-il : personnellement je prône le recyclage des âmes et des créatures afin d’en faire des sujets plus fidèles et surtout plus rentable, mais j’ai laissé l’application de la politique à quelqu’un d’autre ; je ne m’occupe que de sa théorie aujourd’hui. J’ai une certaine prestance, un grand charisme lié à mes origines, et le démon « Premier Ministre » me craint encore plus que les autres : je m’en suis personnellement assurée…

Dans tous les cas, je n’ai pas besoin de régner afin d’assurer mon autorité. Je préfère d’ailleurs déléguer mes fonctions à cet autre démon auquel je fais plus ou moins confiance et revenir comme une fleur un peu plus tard, lorsque je dois rencontrer officiellement d’autres dirigeants des Enfers : de toute façon mes sujets ne se rendent compte de rien puisque « Mammon ne s’est jamais montré en public ».  Et de toute façon, avec mon importante collecte d’information, plusieurs guerres ont été évitées : il vaut mieux être mon allié que mon ennemi, car je peux rapidement faire chuter le plus grand des démons… Sauf le Diable, qui depuis des années ne s’est pas montré. Cette disparition me laisse songeuse cependant : une guerre risque de s’annoncer, et je me dois d’anticiper ma sécurité et celle de mes richesses… Je me dois de m’allier avec celui qui vaincra afin de ne pas sombrer. Mais, allez savoir si une guerre va réellement s’annoncer : j’ai beau avoir un grand sens de l’observation et une intelligence supérieure à la moyenne, je ne saurai prévoir l’avenir des Enfers… Je suis plus arnaqueuse qu’astrologue après tout, bien qu’il m’arrive de pratiquer sans trop comprendre comment l’oniromancie !

Ceci dit, c’est peut-être un peu négatif de ma part. Après tout, actuellement, tout va pour le mieux dans ce monde… Mais la beauté de ce monde peut cacher bien des misères… En attendant, je collecte toutes les richesses que je puisse obtenir : l’or, les pierres précieuses, les souvenirs, livres… L’astrologie n’a jamais été l’unique matière qui m’a un jour inspirée en réalité : j’ai également toujours aimé lire, n’ayant jamais eu l’occasion de réellement voyager par le passé. La seule chose qui me faisait voir de nouveaux paysages était les livres, dont les mots m’inspiraient dans différents domaines : dessin, musique… J’ai tenté de faire de la vente de contrefaçon fut un temps, mon coup de pinceau fonctionnait très bien mais j’ai finalement préféré voyager, parfois en chantant. D’ailleurs, il m’arrive de temps en temps d’interpréter dans la rue quelques chants, ce qui me permet de récupérer de la « petite monnaie ». Quelques fois, il arrive qu’on me parle, qu’on me confie quelques secrets…
Dorénavant, j’arrive à collecter des informations et des richesses tout en profitant de mes passions : musique, dessin, argent… Étrangement, tout ceci me laisse mélancolique. Je n’aime pas penser au passé, mais il arrive parfois que ce dernier me rattrape, me pousse à me noyer dans les méandres de cette mer noire de souvenirs…
Oh, voici une vieille dame qui semble en deuil, devrais-je jouer les médiums ?

« Veuillez m’excuser, madame, mais je ressens une présence auprès de vous… Auriez-vous perdu un être cher récemment ? »
Un regard inquiet, un léger sourire de compassion, les yeux dégagés et plein de sincérité presque vraie. Mentir mais laisser penser à une réelle franchise, jouer un rôle. La petite dame acquiesce, me regarde, les larmes commencent à couler. Je n’aime pas vraiment jouer la médium au final, je n’ai jamais aimé les gens qui pleuraient ; un écho de mon passé.

« Votre petite fille… Ne vous en faîtes pas, elle s’est simplement repentie… Elle est à l’Élysée. »
Faux, elle a vendu son âme. Certainement une fille à problème, vu l’espèce de bracelet pour gamine pré-pubère façon collier pour chien à pic. Assez usé, et la vieille a l’air de bonne famille mais assez misérable. Problème d’argent, je pense au casino.
La vieille me donne une petite pièce en pleurant, me remercie en même temps. C’est toujours ça de gagné, mais je n’aime pas rendre encore plus misérable les gens, pas quand ils sont au bord du gouffre comme elle. Je lui rends sa pièce. C’est peut-être un peu hypocrite de ma part, même si ce n’est pas mon genre, mais je n’aime pas la misère des gens… Un écho de mon passé




« Don't give Up ! »

Non, je crois que la misère était appréciable du moment que nous étions heureux… Mais le malheur finit toujours par nous rattraper à un moment. Un peu comme cette vieille dame qui ne sait toujours pas que sa petite-fille a vendu son âme et doit se prostituer éternellement. Et la mer noire de vices de mon passé me rattrape, me noie…
Tout a commencé il y a longtemps, dans une contrée germanique. De ce qu’il m’a dit, nous étions nés de l’union d’un grand ange à six ailes et d’un démon, une espèce de succube et grande tentatrice : jusqu’à tenter l’un des plus grands anges et de l’amener aux plaisirs de la chair. Ceci dit, aucun de nous n’avions eu l’occasion de connaître nos parents : notre « père » fut déchu après la découverte de son « amante » et notre « mère » nous abandonna très rapidement dans une forêt. Impossible de nous souvenir de quoi que ce soit, nous venions à peine de naître. Nous aurions pu mourir de faim comme cette pauvre gamine dans la rue, dont le corps est presque desséché ; à la différence que son âme est contrainte de rester dans son corps.
Heureusement, une sorcière assez âgée nous a recueilli et nous éleva, nous donna nos noms ; bien qu’un peu tardivement puisqu’elle attendit quelques mois. Notre vraie mère. Elle n’était pas vraiment douée, un peu gâteuse sur les bords. Elle me nomma Purpura, en référence à mes cheveux à la couleur si particulière : ils étaient d'un rouge étrange, tirant sur le magenta, avec l'arrière noir.  Et il y avait mon frère : Caeles. Elle l’avait nommé à cause de ses yeux bleus : ils pouvaient être aussi bien d’un bleu extrêmement clair et passer d’un bleu roi à un bleu nuit. Il avait vraiment les plus beaux yeux selon moi.
Elle nous éleva comme elle pouvait, un peu comme une de ces mères célibataires qui essaie de s’en sortir comme elle peut, surtout avec très peu de moyen. Selon les humains, la société actuelle est bien plus favorable pour ces mères vivant seules avec leurs enfants. Mais c’était différent, à l’époque où je vivais dans le monde des humains. Une femme, seule, sans mari et avec des enfants, était tout de suite dénigrée. Alors le fait que notre mère habite dans une forêt n’aidait vraiment pas et contribuait à sa réputation de sorcière ; ce qu’elle était effectivement, mais elle ne pouvait le cacher. Personne ne voulait d’elle, et elle avait du mal à trouver ne serait-ce qu’un petit travail d’une heure. Heureusement la bonté d’un couple de bergers nous permis de survivre puisqu’elle commença à travailler pour eux, malgré sa mauvaise réputation.
Nous aimions beaucoup jouer avec les différents animaux, surtout les moutons. À nos six ans, le berger nous apprenait déjà à récupérer la laine des moutons et à nous occuper des animaux. Tout cela m’est resté en mémoire, jusqu’à la cisaille. Mon physique était déjà peu commun, non pas seulement à cause de mes cheveux mais également à cause de mes yeux. L’un bleu nuit à reflet indigo, l’autre vert à reflet bleu turquoise. Le couple de bergers ne disait rien, nous protégeait, ma mère, mon frère et moi-même. Nous étions très éloignés du village à l’époque, et malgré une certaine misère nous vivions heureux. Mais la misère aux Enfers est loin de rendre heureux, il n’y a personne pour vous soutenir. Et notre enfer allait commencer un jour de pluie, lorsque nous devions faire rentrer les moutons.
Ce jour-là, peu de temps après avoir fait rentrer les moutons, mon frère et moi-même avons été pris d’une violente fièvre, de courbatures violentes et d’un mal de dos atroce : six bosses étaient alors apparues sur notre dos, parfaitement réparties. Je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé par la suite, ayant été par la suite inconsciente. Mais lorsque je me suis réveillée, couchée sur le ventre, je sentais quelques choses bouger au niveau de mon dos. Je souffrais. Je croyais vraiment que j’allais mourir. Mais la mort aurait été peut-être plus favorable à ce moment-là.
Notre mère ne savait que faire, et les maladies étaient fatales à cette époque, nous emportaient comme une tempête emportait les planches d’une cabane en bois. Mais les bosses cachaient en réalité six ailes. Six petites ailes dont les plumes n’étaient alors pas encore apparues. Mais pour nous protéger, notre mère prétendit que nous étions morts : nous devions vivre caché à cause de ces ailes qui ne nous permettait pas encore de voler. Notre mère, quant à elle, travaillait toujours pour le couple de bergers, mais elle se fatiguait… J’avais hâte de pouvoir sortir d’ici et de l’aider du mieux que je pouvais, la remercier avec toutes les richesses de ce monde. Seulement j’avais une santé extrêmement fragile : ma mère découvrit un peu plus tard que mes organes étaient inversés suite à de nombreuses crises me faisant cracher du sang. Les années passèrent, ma mère élabora plusieurs sorts, l’un camouflant nos ailes, et un autre permettant de m’immuniser contre ces crises en ensorcelant une pierre de la même couleur que mon œil gauche : un vert vif avec des reflets turquoises. Nous pouvions, mon jumeau et moi, sortir en toute tranquillité et aller au village malgré nos haillons, couvrants à peine nos jambes. Au final, nous recherchions du travail et le tout était couronné de succès malgré notre tenue peu présentable. Le sort pour cacher nos ailes était cependant temporaire : la nuit, nous retrouvions ces ailes, le sortilège n’étant pas très élaboré à l’époque.

Mais à seulement treize ans, j’attirais de plus en plus des humains, en particulier les hommes. À seulement treize ans, je recevais déjà certaines demandes peu… Conventionnelles à mon âge. Ce n’était pas si jeune que ça pour le mariage, à cette époque. Mais c’était bien trop tôt pour des relations sexuelles. Malheureusement, beaucoup d’hommes n’étaient pas de cet avis. Caeles me défendait, mais ma mère finit par m’enfermer à la maison en essayant de trouver une solution. J’ignore comment elle l’a découvert, mais elle réussit à trouver notre seconde nature : nous étions à moitié ange et à moitié démon, plus précisément succube. Elle dut élaborer un sort bien plus puissant par la suite : un sort empêchant ma nature démoniaque de prendre le dessus, ou plutôt un sort permettant d’atténuer fortement le sang de succube coulant dans mes veines. Étrangement, cette nature démoniaque ne se manifestait pas chez Caeles, j’ignore par quel miracle. Il a toujours été plus sage que moi. J’étais peut-être un peu trop intrépide, et les évènements qui ont suivis réussirent à me faire changer de nature…

Cette nuit-là, j’étais persuadée que le mieux était de partir afin de prendre mon indépendance. De toute façon Caeles allait s’occuper de ma mère alors pourquoi me soucier de ces deux-là ? J’allais pouvoir partir loin d’ici, loin de ce village. Je n’en pouvais plus, de cette misère nous entourant, et je rêvais d’une plus grande vie. Je n’ai jamais été faite pour la misère.
J’ignorais cependant que mon apparence si particulière avait été contée au-delà du village, et sur le chemin du départ, des démons m’attaquèrent. Je ne savais pas me défendre, ne connaissais pas mes pouvoirs alors scellés. J’avais alors seize ans. Seize ans, et je pensais déjà à la mort tandis que les démons m’enlevaient… Non, ça ne s’est évidemment pas arrêter à un enlèvement. Une soit disant humaine si belle ? Autant en profiter. De toutes les manières possibles et inimaginables. Emportée dans une vieille grotte où s’étaient établis ces démons. Maltraitée. Frappée. Violée. Jusqu’au milieu de l’après midi. Les heures étaient longues, je n’avais plus de larme. Je ne criais même plus, maudissait ce qui était appelé le « destin ». Et je savais que lorsque le sortilège camouflant mes ailes s’évanouirait, je risquais de mourir. Mais la mort était peut-être trop douce pour moi. Je sombrais alors dans les méandres de mon esprit, dans la mer de mon inconscient.
Le soleil était encore à son zénith lorsque je me suis réveillée. Devant moi, un homme essayait de me soigner. Ses yeux croisèrent les miens : je ne devais pas être très belle à voir, vraiment. Rouée de coups, en sang, poisseuse, et les yeux rouges, secs. Mais il était si gentil avait moi, peut-être trop gentil sur le coup. Une fois calmée, un peu soignée, je remarquais ce qui m’effraya le plus : il avait six ailes noires dans le dos, et il avait les mêmes yeux que lui... Il avait vraiment les plus beaux yeux selon moi.
Je le priais de sortir, de me laisser partir, du moment que le sort cachant mes ailes faisait encore effet. Et je savais que lorsque le sortilège camouflant mes ailes s’évanouirait, je risquais de mourir. Le soleil se couchait, je commençais à ressentir la souffrance. Mais je n’imaginais pas à quel point elle serait terrible. Mes yeux me brûlaient, je voulais les arracher. Il m’en empêcha, mais se rendit bien vite compte d’une chose : des bosses commençaient à apparaître sur mon dos. Six bosses. Alors je vis le véritable visage de cet ange déchu.

« Non… Tu ne peux pas être… C’est impossible… Tu es… La raison de ma déchéance ?»
Son visage se déformait. Tristesse ? Colère. Peut-être aussi une grande déception. Et cette fois-ci je savais que mes beaux yeux ne pourraient me sauver.

« Alors voici le fruit de cette tentation qui me fut fatale. Je n’aurai jamais cru qu’une créature aussi belle et à l’air innocent comme toi pouvait cacher un visage aussi horrible… Tu es comme ta mère, ce démon !»
Ma mère… Ou plutôt ma génitrice, celle qui avait fait sombré cet être de lumière vers les ténèbres. Son visage s’était définitivement déformé avec la colère.

« J’étais un grand ange… L’un des plus grands, l’un des plus proches de Notre Père, et cette impie… Cet horrible démon… Elle a abusé de moi, de ma confiance ! Et toi, tu es là. Une abomination.»
J’avais peur. Je tremblais. Je savais que j’allais encore souffrir, et peut-être plus que je ne le pensais. Cet être allait me torturer. De toutes les manières possibles et inimaginables.

« Je suis sûr qu’en t’éliminant, qu’en faisant disparaître une telle abomination, je retrouverai mon rang !»
J’étais contre le mur, dans les ténèbres. Mais il me voyait, me sentait, ressentait ma peur. Et il riait. Il riait de ce rire que seuls les plus fous peuvent nous montrer. Il me retourna, me plaqua contre la paroi de la grotte, froide. Ce n’était pas un viol qui m’attendait, ni une maltraitance. C’était l’une des pires choses qui puissent arriver à un être ailé. Alors que mes ailes commençaient à sortir, il les arracha. Une part une. Encore une fois, les méandres de mon inconscient me rattrapèrent.

Je me réveillais dans la maison de maman, sur le dos. Je ne sentais plus mon corps, seulement une vague douleur, la perte de membres. Ma mère pleurait. J’aurai tant voulut pleurer avec elle, mais mes yeux étaient dépourvus de larme à ce moment. Elle me raconta que Caeles m’avait sauvée en tuant un ange déchu, mais qu’après m’avoir déposée à la maison il avait disparu. Et cela faisait trois jours. J’avais peur, mais je sentais qu’il n’était pas mort… Et je sais bien qu’il est toujours en vie, même aujourd’hui. Mais à ce moment-là, ma mère et moi nous retrouvions seules, et maman ne pouvait pus travailler depuis quelques temps. C’était à moi d’assurer les revenus du ménage et de m’occuper de notre mère. Et mes cheveux s'éclaircissaient de plus en plus, perdaient leurs couleurs.
Il n’y avait plus ce couple de bergers pour nous aider depuis le temps : ils étaient morts d’après ma mère et des parents proches avaient repris leur affaire. Je devais alors me rendre dans ce village que je haïssais tant pour trouver de quoi nous nourrir. Au début quelques petits boulots, assez mal payé. La misère, je sacrifiais quelques repas pour pouvoir nourrir ma mère. J’étais trop honnête, je le savais bien. Mais c’est lorsque j’aidais une femme à s’occuper de ses enfants que j’appris quelque chose d’intéressant : l’une des femmes les plus riches de ce village entretenait une relation adultère avec un chasseur du coin. Une relation malhonnête : la femme que j’aidais me fit promettre de ne rien dire, mais rien ne m’empêchait de faire chanter cette femme, Laetitia. Et c’est ce que je fis. En l’échange de mon silence, elle devrait m’engager comme servante et me payer honnêtement. Laetitia accepta.
Cependant mon objectif s’arrêtait là : j’avais trouvé un travail bien payé, me permettant de nous nourrir, ma mère et moi. Je revenais tous les dimanches avec des cadeaux, un bon repas. Je voulais tant l’aider, la remercier avec toutes les richesses de ce monde. En dehors de ça, en faisant profil bas avec un travail irréprochable, Laetitia commença à me faire confiance et je devins sa confidente, une sorte de dame de compagnie. Ainsi, lors des grandes soirées qu’elle organisait, elle m’invitait non pas en tant que servante mais plus en tant qu’amie ; même si je faisais le ménage et aidait aux préparations.
Alors que j’atteignais les vingt-et-un ans, ma mère tomba malade, sans compter qu’elle devenait gâteuse et incapable de se souvenir comment lancer des sorts. Il fallait que je trouve un moyen de la soigner et à l’époque toutes les maladies pouvaient être fatales, et les médecins n’existaient pas vraiment. Ainsi, je recommençais à glaner des informations afin de faire chanter les gens, ces invités riches et puissants. Il s’agissait de rendre la mort plus douce pour ma mère, d’augmenter son confort. La remercier avec toutes les richesses de ce monde.

Quelques mois plus tard, ma sorcière bien-aimée mourut. Un relâchement, et mon chantage fut découvert. Laetitia me renvoya, et je fus exilée du village. Je dû partir loin, passant devant cette grotte où tous mes malheurs avaient commencés. Mon exil fut long avant que je ne découvre un nouveau village, ou plutôt une ville. Tout était plus grand : la richesse, la misère. Mais là-bas, impossible de trouver du travail. J’avais faim, terriblement faim, seul mon obsession pour l’argent et le confort me poussait encore à marcher. Petit à petit, la pierre scellant mon sang de succube noircie, jusqu’à se briser, tandis que mes ailes repoussaient. Elles n’étaient cependant plus blanches, mais noires comme les plus profonds ténèbres, se confondant avec la nuit. Heureusement, le jour, le sortilège de ma mère fonctionnait encore. Cependant, lors de sa mort, j’avais hérité de son grimoire qui me permit d’améliorer ses sorts et de camoufler mes ailes durant plusieurs mois, sans arrêt. Cependant, je n’avais pas trouvé de solution pour sceller mon sang de succube et je n’y tenais pas vraiment. Mes pouvoirs démoniaques s’étant développés, je pouvais charmer à ma guise tous les êtres de ce monde, en particulier les humains, hommes ou femmes. Ce n’était pas cependant dans un but de satisfaire un quelconque besoin sexuel : il s’agissait de combler mon manque de confort, de richesse. C’est ainsi que j’appris à observer le monde, les gens, à déterminer ceux qui pourraient combler mon manque d’argent et à rejeter les plus misérables. J’attirais tout le monde, un aspect flatteur et servant mon intérêt. Je ne n’amenais pas nécessairement les humains aux plaisirs de la chair, n’en ayant personnellement pas besoin, mais leur manque affectif, le besoin de m’avoir à leur côté, était le meilleur moyen pour moi de les escroquer et de vivre dans le luxe.
Mais il y avait Julia. C’était une petite femme assez susceptible, mais je l’aimais beaucoup, peut-être un peu trop. Elle était très sensible, surtout à mes pouvoirs, mais je m’étais beaucoup attachée à elle et c’était la seule personne avec qui j’avais des relations sexuelles : peut-être mon rejet des hommes. Sa toge était un peu longue pour elle, et lorsque je l’ai rencontrée il me fallait retailler ce bout de tissu. Elle avait des jambes fines, et était assez plate mais sa peau était douce, délicate. Au fil du temps, j’ai commencé à la désirer, elle est son apparence très naturelle. Elle avait des cheveux châtains assez secs, et je lui ai appris à en prendre soin. Elle avait seize ans, et avait été mariée à un sénateur. J’ignore si elle m’a un jour réellement aimée, moi et mes pouvoirs, mais j’ignorais qu’elle pouvait être jalouse, possessive.
Un jour, elle découvrit mon secret, cette « vente d’affection » que je faisais et qui me rapportait énormément d’argent. Tandis que nous allions dans ma maison, isolée de cette ville afin d’éviter les soupçons, elle me menaça de tout dévoiler si je ne me consacrais pas exclusivement à elle. Elle commençait à vouloir me faire du chantage, et je pouvais en faire tout autant avec elle. Cependant, ce chantage ruinerait la réputation, et j’ai commis l’irréparable. Un couteau à la main que je n’avais pas vu, elle s’avança vers moi comme si elle allait m’enlacer ; je voulais tellement y croire. Mais elle ne pouvait pas comprendre : sa nature était peut-être incompatible avec mes pouvoirs. Alors elle planta son couteau dans mon dos, recula rapidement. Elle était beaucoup trop jalouse, possessive. Tandis qu’elle courait dans les champs, je retirai le couteau taché par mon sang, noir. Elle allait me le payer. Je l’ai attaquée, tuée au plus vite en lui déchirant la gorge. Le sang, le goût de son sang, était délicieux. Et je savais qu’il ne pouvait plus rien arriver : ce n’était qu’une petite perte dans mes « revenus ». Je pouvais continuer à « travailler ».

Le village se rendit compte de sa disparition, mais ne m’accabla d’aucune accusation. Je pouvais alors tout reprendre, tranquillement. Une de mes « amies », Lisa, était étrangement heureuse de cette disparition, mais tant qu’elle me payait suffisamment je ne m’en plaignait pas. Elle ne me disait pas réellement ce qu’elle pensait, mais elle me le montrait. Elle me voulait, me désirait, et je lui donnai l’illusion qu’elle me possédait. Elle n’était pas au courant que j’allais voir ailleurs, et je veillais à m’en assurer. Lisa était très différente de Julia : à peine plus petite que moi, un peu ronde, mais elle respirait la joie de vivre… Ce que je ne pouvais ressentir à ce moment là, ce que je peux à peine imaginer actuellement. En tout cas, elle était toujours heureuse lorsque je l’emmenais au marché, même si elle ne pouvait pas me tenir la main. Et mes cheveux s'éclaircissaient de plus en plus, perdaient leurs couleurs.
Son mari et ses enfants étaient morts dans un incendie, mais elle continuait de vivre malgré tout. Ses parents tenaient à ce qu’elle se montre histoire d’assurer une bonne réputation, et étaient heureux qu’elle ait trouvé une amie. Enfin, ils n’étaient pas au courant qu’elle me considérait comme plus qu’une simple amie. Cependant, depuis le meurtre de Julia, je commençais à changer, de plus en plus, encore plus omnibulée par ce que je pouvais posséder : il y avait bien plus que de l’argent, je le savais. Je m’éloignais de Lisa, petit à petit, et elle finit par se trouver un mari. Un jour, nous nous croisâmes en ville et elle me remit une petite bourse, en pleurs. Il y avait une graine d’or à l’intérieur, petite graine que je finis par cacher discrètement dans mes vêtements. Ses larmes ne m’avaient pas touchées, je ne pensais qu’à cette merveille qu’elle m’avait donnée…

Mais en devenant de plus en plus omnibulée par toutes les richesses, je finis par devenir un démon, un néphilim emporté par son alignement chaotique. Tuer un humain me fit réellement devenir démoniaque, et quelques années plus tard je me rendis compte que mon corps ne changeait pas. Mes amants commençaient à se rendre compte de cette supercherie, et avant de mourir, je fuis. Loin, terriblement loin, un nouvel exil me portant sur une île grâce à mes ailes. Je pus pour la première fois voir le monde d’en haut, mais ce n’était que pour fuir.  M’exiler une nouvelle fois, loin du monde. Mais la mort aurait été peut-être plus favorable à ce moment-là.
C’était une île isolée du monde. Il y avait quelques ruines démontrant la trace du passage d’êtres humains, mais il n’y avait désormais plus rien : juste la forêt, une végétation luxuriante, me permettant de me nourrir à ma faim. Et cette île m’appartenait. J’ignore combien de temps s’est passé, mais des humains ont commencé à venir jusqu’à cette île. Je ne pouvais les laisser partir, je ne pouvais les laisser prendre ce qui m’appartenait. Je les tuais donc, un par un, dérobant au passage leur richesse, leurs souvenirs. Mais un jour, les eaux se déchaînèrent. Mon île fut engloutie avant que je ne m’en rende compte. Et la mer noire de vices de mon passé me rattrape, me noie…

Lorsque je repris conscience, tout était noir. Étais-je en vie ? Ou morte ? J’arrivais encore à sentir mon corps, à entendre le bruit d’un cours d’eau. Le brouillard m’entourait : était-ce l’Érèbe ? Étais-je dans ces Enfers où toute âme ne saurait s’échapper, à part dans ces histoires que l’on raconte aux enfants ? Un bruit de pas, et l’apparition étrange d’une personne que je ne connaissais que trop bien à travers un brouillard qui se dissipait. Caeles. Mais je savais bien que ce n’était pas lui, ça ne pouvait pas être possible.

« Tu ne peux pas être mon frère… Tu n’es pas Caeles. »
Il sourit, un sourire charmeur mais démoniaque. Ses yeux me regardaient, à la fois enjoués et froid.

« Très observatrice. J’arrive à tromper les esprits aisément pourtant : tu me plais bien… »
Un sourire narquois. J’ignorais si il mentait ou non, mais ses mots furent tentateurs. Corrupteurs.

« Je te propose un petit marché, ou du moins un petit rôle. Tu ne seras pas jugée, mais tu devras châtier, tenter les âmes des Enfers. Je te donne le pouvoir, des terres, un rang de souverain, et un nom nouveau pour représenter ton péché : Mammon… Acceptes-tu ce marché ? »
En tant que démon, ma réponse fut évidente : j’ai accepté de régner sur une région des Enfers représentant l’avarice. Mon péché. J’ai appris à maîtriser mon nouveau pouvoir : les cristaux. Création de lames, de cercueils, et utilisations diverses grâce à la sorcellerie. Ainsi je commençais à former mon propre gouvernement avec quelques démons ayant eu vent de ma réputation, et d’autres que j’avais soumis à ma volonté. Cependant mon sang de succube s’atténuait face à ma nature de « Prince des Enfers », et bien que mon charisme et mon influence soient restés intacts j’ai perdu cette faculté de charmer par mon simple regard les êtres « vivants » ; ou du moins ceux qui ne se laissent pas faire. Mais je restais « Souverain d’Avaritia », ce qui comptait vraiment au bout du compte. Il a bien évidemment fallut maîtriser mon pouvoir plus que correctement afin de dominer les démons et en faire mes alliés, les âmes d’humains arrivant au fur et à mesure il fallait construire des bâtiments afin d’appliquer une politique de tentation et châtiment. Le principal but ? Garder les âmes. Et je les gardais très bien. Pour les démons qui tentaient de me trahir, j’avais le choix entre diverses possibilités : les enfermer dans un cercueil de cristal en les laissant « pourrir », les mutiler grâce à des lames de glace que je pouvais matérialiser en épées, dagues, faux, voire même des pics sortant du corps du traître grâce à la sorcellerie. Mais la dernière possibilité me prend beaucoup trop d’énergie, et d’un point de vue personnel je préfère de loin des dagues ou une faux.
Mon « Premier Ministre » fut le premier démon que j’ai torturé. Certes, j’ai été contrainte de lui couper les membres avant de l’enfermer pendant quelques années dans un cercueil, mais il m’est aujourd’hui fidèle maintenant qu’il a récupéré ses membres. Il ressemble un peu à ce monstre de Frankenstein, recousu de partout, mais au moins il sait à quel point je suis puissante, à quel point mes colères sont grandes.
Le Diable, presque omniscient, avait alors tout observé. Apparemment, cette séance de torture l’avait beaucoup plus, et il avait alors daigner me redonner le pouvoir de charmer les êtres lié à ma nature de succube. Cependant, je ne pouvais charmer qu’une personne à la fois. Je n’ai rien dit, mais l’utilité de ce pouvoir me paraissait bien moindre : j’avais déjà un physique avantageux, un charisme certain… Et mes cheveux avaient perdus toute leur couleur, devenus presque entièrement d'argent.

Au fil du temps, le monde des humains évolua et celui des Enfers de même. Grâce à diverses suggestions et à un côté innovateur, j’ai réussi à transformer Avaritia en une région industrielle, la plus riche de tous les Enfers. J’ai entre mes mains toute l’économie des Enfers, ainsi que l’industrie, la technologie et le développement. Ce n’est certes pas le plus beau des continents, mais il reste le plus riche… Et le plus miséreux, suite à quelques abus dans les taxes de la part de mon « Premier Ministre », mais nous sommes en enfer et la pitié ne mène à rien.
Pour ma part, pendant qu’Avaritia se développait, je lisais beaucoup : certains humains laissaient des livres pour offrande, et il nous arrivait parfois d’en récupérer. J’ai ainsi eu une collection complète de livre, remplissant actuellement trois salles de mon palais. Ces œuvres me permettaient de voyager lorsque j’en avais le temps, lorsque je n’avais pas à exercer mes fonctions de « Prince de l’Avarice ». Entre temps, j’ai décidé de changer de nom : d’une part parce que certains nouveaux venus ; humains ou non ; trouvaient mon prénom ridicule, démodé… Et j’avais aussi besoin de changement, de faire table rase du passé. Une dizaine d’année après mon arrivée aux Enfers mon nom n’était plus « Purpura » mais « Maxeen », en langage elfique ressemble à « Maxeian » signifiant « Lys ». Ce nom me va beaucoup mieux, reste élégant, trompeur et… Moins ridicule. Surtout. Bref, les livres humains m’ont inspiré quelques idées qui ont permis de faire avancer le continent.

Un jour, je lus un livre sur le jardinage. J’étais très curieuse quant à cette question, d’autant plus qu’il y avait un jardin intérieur au sein du palais que j’avais fait construire. Ceci dit, ce jardin interne est plus une serre, un toit en verre le recouvrant. Ironie du sort, au même moment, une de mes servantes me questionna sur la petite bourse cachée dans mes vêtements. Je ne lui dis rien sur son contenu, mais je me souviens qu’il s’agissait de quelque chose de précieux, quelque chose qui comptait pour moi. Cette graine d’or, qu’une certaine m’avait donnée. J’aurai pu verser une larme en me souvenant de tout ça, mais je fis plutôt le lien entre ma lecture et le contenu de cette bourse.
Je me rendis dans mon jardin, où je finis par planter la graine en son centre. J’ignorai ce qu’il allait en sortir, si les conditions étaient réunies, mais peu importe : c’était dans le pire des cas la meilleure cachette pour cette merveille. Je revenais tous les jours dans ce jardin, d’une part pour y ranger les plus belles merveilles que je pouvais rapporter, et d’autre part pour arroser cette graine. Au fil des siècles, elle devint un arbre majestueux, un simple pommier en apparence, mais où des pommes d’or poussaient. Le plus beau trésor de mon « Jardin d’Éden », aussi le plus mélancolique. À vrai dire, lorsque je reviens dans ce jardin, il m’arrive encore de penser à elle… Je fréquente peut-être un peu trop d’humains ces derniers temps, peu importe. Dans tous les cas, durant ces siècles, je me concentrais également sur l’avenir et la politique d’Avaritia, notamment pour en faire le continent le plus rentable des Enfers.

C’est ainsi qu’une fois l’ère de l’industrie suffisamment développée, j’ai commencé à vouloir voyager dans les Enfers, ayant la volonté de découvrir le monde ; enfin les Enfers. Mais avant ce long voyage, j’avais décidé de me consacrer à mes passions. Tout a commencé avec le dessin, passion qui m’a permis de vendre beaucoup de contrefaçons et de repeindre mon palais par la même occasion avec les images que j’avais eu lors de mes lectures : j’ai un certain amour pour les belles choses. Mais peindre ne me suffisait plus : j’ai appris à jouer du piano, du violon, à chanter, ce qui explique plusieurs salles de musiques dans lesquelles sont exposés de nombreux instruments. Au final, je n’avais plus rien à faire, une fois toutes mes passions comblées par bon nombre de possessions.

Une nuit je décidais de partir : je pris des vêtements simples qui me mettaient suffisamment en valeur afin de découvrir mon continent tout en restant incognito : peu de démons connaissaient ma véritable apparence, et ils étaient au palais. Cependant je ne pouvais m’empêcher d’observer, de vouloir faire chanter les gens. Une mauvaise habitude, et une volonté de m’en sortir sans avoir recours à mon autorité naturelle ou à mes pouvoirs. C’est en regardant une arnaqueuse se prétendant médium que j’eu l’idée de devenir… Astrologue. Étrange certes, mais je pense que le plus étonnant reste la volonté pour les âmes des humains enfermés de trouver l’amour, la richesse, de connaître leur avenir ou celui de leur proche. Y a t-il un avenir en enfer ? C’est possible lorsqu’il s’agit d’un démon ou autre créature, mais jamais pour les humains. Cependant les êtres humains sont devenus friands de ce genre d’arnaque, et personnellement je ne peux m’en lasser.

À vrai dit, j’avais déjà eu une expérience en tant que sorcière : une charmante jeune fille, près d’un puits, pleurait lors d’une nuit froide. Sérieusement, on aurait dit le début d’un de ces contes de fée à l’eau de rose. Peu importe, je me dirigeais vers elle : après tout, elle était mignonne et bien habillée, pour moi il y avait quelque chose à gagner. Au final, rien : elle m’avoua avoir été rejetée par sa marâtre, son père roi d’une ancienne région ; engloutie par Avaritia ; et ne savait que faire, surtout sans argent. En toute franchise, j’aurai voulu partir, mais elle me dévoila sa véritable identité : Ahès, une ancienne princesse et Marie Morgane. Confondue avec sa sœur, elle avait eu le droit à un aller simple pour les Enfers lors d’un sacrifice sur Terre. Une âme innocente ? J’aurai pû en abuser, mais je souhaitai la corrompre d’une autre manière.
Ahès était bien gentille, certainement trop pour une Marie Morgane. Je finis par lui proposer un marché : elle aurait tout l’argent qu’elle souhaitait, mais celui-ci serait faux. J’apprécie les contrefaçons, mais je ne peux pas me permettre de trop en faire circuler, alors de la fausse monnaie…
Elle refusa en premier temps, mais lorsqu’elle commença à arriver à bout de force je revins vers elle. Ahès était toujours aussi jolie, ses cheveux blonds vénitiens descendant jusqu’au bas de son dos. Même les cernes et le teint pâle n’arrivaient pas à entacher sa beauté : elle était bien une Marie Morgane. À nouveau, je lui proposais mon marché, mais en rajoutant une condition : elle devrait faire de la contrebande, en échange je l’entretenir. Ahès accepta, et devint un des meilleurs éléments d’Avaritia ; dans un sens, les fausses pierres sont très utiles pour engager des procès.

Cependant, malgré cette expérience fructueuse, je n’ai guère envie de recommencer ce genre de chose. Le sort afin de la « maudire » avait été long, et qui plus est la plupart des êtres de ce monde me demanderaient plus des potions d’amour ou des malédictions sans réel intérêt.
Au final, voyager en tant qu’astrologue est bien plus simple, au moins je n’ai qu’à prédire l’avenir ; ou du moins à dire ce que les gens veulent bien entendre.

Je reviens de temps en temps au palais afin de déposer mes « revenus », puis repart. Aujourd’hui j’ai parcouru l’ensemble des Enfers, ou presque. En réalité je préfère toujours éviter le continent d’Ira, n’étant pas belliqueuse de nature. Je n’oserai imaginer la surprise des êtres de ce monde si « Mammon » venait à arriver pour exercer un « métier » d’astrologue pour arnaquer les gens : sérieusement, ma réputation serait fichue, aussi bien en temps que « Prince des Enfers » qu’astrologue de renom.

Bref, je voyage dans tous les Enfers ou presque, aidant ceux qui le souhaitent à connaître leur avenir ; ou en tout cas avoir une idée qui leur plaise en tête. Du moment que je récupère un peu d’argent, tout me va ou presque : il faut tout de même que je trouve un endroit confortable où dormir et que j’en paie l’usage. Je reviens presque une fois par mois sur Avaritia histoire d’assurer mon rôle de « Souverain d’Avaritia » et stocker les richesses accumulées durant mes péripéties. D’ailleurs je suis presque arrivée à la frontière de mon continent, maintenant que mon rôle en tant que « Mammon » est terminé… Reste à voir où mes pas et mon avarice vont me mener !

« Hm ? Bonjour, vous êtes ? … Invité ? Je vois… Je suis Maxeen, enchantée, Invité ! Que diriez-vous de passer un peu de temps en ma compagnie ? Je suis astrologue : je saurai prédire votre avenir en ce monde si vous me le permettez…! »


« Determination… »


Il est assez étrange de se retrouver dans les plaines d’Avaritia afin de voyager aux Enfers en tant qu’astrologue, alors qu’en réalité je suis le « Souverain de l’Avarice ».
Mon « don » concernant l’astrologie n’est pas un pouvoir ou quoi que ce soit. Je n’ai aucun pouvoir sur les étoiles, et je doute qu’elles influencent réellement le destin à l’instar des cartes.
Ceci dit, il m’arrive parfois d’exercer la sorcellerie, ces vieilles connaissances. Cependant il s’agit d’une magie très ancienne, bien plus puissante que celle pratiquée actuellement. Je peux maudire à ma guise, sceller, tuer ou soigner. Cependant, je dois avouer que les soins ne sont pas vraiment ma « spécialité », ou du moins je ne m’en sers que très rarement.
La sorcellerie se complète avec ma capacité à créer des cristaux de multiples couleurs, sorte de contrefaçons des pierres précieuses que l’on trouve aux Enfers. Mais ce pouvoir ne me sert pas à gérer un certain trafic : en réalité, il me sert pour d’autres utilisations. Avec la sorcellerie, je peux sceller pendant une durée indéterminée un être ou le maudire afin que des cristaux lui poussent sur le corps dans un rayon de 15 mètres. Ces deux cas me prennent beaucoup de temps, ce qui fait que je ne les utilise que très rarement. Ceci dit, il m’est une fois arrivé de « maudire » une charmante jeune fille afin qu’elle puisse créer elle-même des cristaux selon sa volonté ; c’est d’ailleurs elle qui se charge du trafic de fausse pierre.
Ceci dit, le pouvoir de créer des cristaux me sert principalement à créer des armes si jamais je dois me battre, généralement des lames car plus rapide et simple à créer. En effet, il me faut connaître le fonctionnement et la composition d’une arme afin de pouvoir la recréer en cristaux.

Ceci dit, inutile de me créer des ailes en cristal. J’en possède six, noires et parfaitement fonctionnelles à ma plus grande joie. Je ne m’en sers cependant que très rarement, étant donné que je préfère voyager en marchant. J’ai préféré mes ailes à mon influence de succube.
Par ailleurs, le Diable m’a permis de pouvoir réutiliser cette influence, cette attirance, mais à ma guise. Il me faut le désirer, simplement, mais cette influence ne peut fonctionner que sur une personne à la fois. Enfin, avec mon apparence, je ne trouve guère d’utilité à ce pouvoir, mais j’apprécie l’intention du Diable de m’avoir rendu cette capacité…



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Maxeen - Spear of (in)Justice

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